DE  PLUS EN  PLUS  GRAVE.....
Les islamistes somaliens n'hésitent pas à harceler et à humilier les femmes qui ne s'habillent pas de façon «décente» : celles qui portent un soutien-gorge sous le voile sont fouettées en public.

Laszlo Molnar - le 12 novembre 2009, 21h58
Le Matin

En Somalie, sous peine de coups de fouet, les seins doivent être nus sous le voile des musulmanes. C'est le mouvement Al-Chabab («Jeunesse» en arabe) qui en a décidé ainsi. Ce groupe islamiste, qui n'a rien à envier aux talibans d'Afghanistan, contrôle plusieurs régions dans le sud et le centre de la Somalie, ainsi qu'une grande partie de Mogadiscio.

L'affaire a été confirmée dernièrement par un chef du mouvement fondamentaliste. Il a expliqué que ce sous-vêtement est anti-islamique, impur et offensant. «Les islamistes disent que la poitrine d'une femme doit être ferme naturellement, ou bien plate», a expliqué au journal africain Gabon Eco la mère d'une fille punie sévèrement en octobre par les extrémistes.
 Convaincus que le port du soutien-gorge va à l'encontre de l'enseignement de l'islam, des militants d'Al-Chabab ont fouetté ces derniers jours en public plusieurs femmes qui portaient ce sous-vêtement. Selon eux, «le soutien-gorge trompe sur l'état naturel des seins, accentue les formes féminines et suscite des désirs sexuels». Les miliciens multiplient donc les points de contrôle pour exiger des femmes qu'elles sautent et secouent le torse, pour vérifier si les seins bougent naturellement...
 «Ils nous forçaient déjà à porter des voiles et des vêtements qui couvrent intégralement le corps, a raconté Halima, une habitante de Mogadiscio. Et maintenant, s'ils voient une femme avec des seins trop rigides, un homme masqué vient la fouetter en public. Puis les hommes armés exigent qu'elle enlève son soutien-gorge et qu'elle secoue sa poitrine...»

 Somaliens choqués
 Selon plusieurs témoins, les gardiens de la charia brûlent leurs trophées en public pour «donner l'exemple», a écrit le Times.. Les agissements d'Al-Chabab ont choqué la majorité des Somaliens, qui pratiquent un islam modéré, «Ce comportement est inexcusable, nous a déclaré hier le Genevois Ali Benouari, qui a été ministre en Algérie. La décision du mouvement Al-Chabab est une débilité mentale qui n'a rien à voir avec la religion. Elle montre malheureusement le niveau intellectuel qui sévit en Somalie. Il est plus facile de s'en prendre à des êtres sans défense que de régler les problèmes de ce pays où règne le chaos. Ces gens refusent ainsi à la femme le confort vestimentaire afin de mieux les humilier. Mais torturer une femme, de quelque manière que ce soit, n'a jamais été un précepte religieux.»
 L'ancien porte-parole de la mosquée de Genève, Hafid Ouardiri, abonde dans le même sens. Pour lui, interdire les soutiens-gorge est d'une «parfaite stupidité». La décision d'Al-Chabab «fait énormément de tort à l'islam. Elle a été prise davantage en réaction à l'Occident que pour des motifs religieux».
Une anarchie totale règne dans le pays
 La Somalie est plongée dans une guerre civile atroce depuis la fin du régime du dictateur Siad Barre en 1991. Le pays vit sous la domination de seigneurs de guerre sans idéologie ni agendas politiques, leurs seules motivations étant l'appât du gain et le pillage. C'est en 2004 que l'Occident entend parler pour la première fois du mouvement Al-Chabab qui déclare la guerre aux autres factions et intègre de fait les autres formations islamistes. Al-Chabab rencontre un certain succès militaire. Mais la situation dans le pays est toujours chaotique à l'extrême. Ses côtes servent de base arrière aux pirates et sa population est ravagée par la famine. Les lapidations y sont banales. L'Unicef a condamné dernièrement la lapidation pour «adultère» d'une fillette de 13 ans, victime d'un viol. Cet acte barbare illustre l'extrême vulnérabilité des filles et femmes somaliennes dans ce conflit généralisé responsable par ailleurs hier de l'assassinat d'un juge dans le nord du pays. Il a été abattu dans une mosquée. Le magistrat avait condamné des pirates, ainsi que des islamistes, selon l'AFP.